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Sacrilège ou amnésie ? La leçon de l’écusson marseillais

  • Photo du rédacteur: Nathan Paul
    Nathan Paul
  • 15 avr.
  • 2 min de lecture

À Marseille, toucher au logo, c’est un peu comme toucher à la recette de la bouillabaisse : on s’expose à une levée de boucliers immédiate. Depuis l’annonce de la nouvelle identité visuelle de l’OM, le verdict des supporters est sans appel : « Trop moderne », « Sans âme », « C'est le logo de Volkswagen à l'envers ».

 

Pourtant, l’histoire a une mémoire sélective


Si l’on replonge dans les archives de 2004, lors du dernier grand changement de logo, le scénario était rigoureusement le même. Les supporters de l’époque criaient au scandale, regrettant le sigle entrelacé des années Tapie. Ce logo de 2004 était déjà jugé très sévèrement. Vingt ans plus tard, c’est pourtant ce même emblème que tout le monde défend avec nostalgie, un emblème entré dans les cœurs d’une génération de Marseillais.


 


Le temps et la gagne : les deux seuls juges


Ce paradoxe nous rappelle que notre regard sur la nouveauté est souvent biaisé. En réalité, deux ingrédients transforment un rejet épidermique en un attachement profond :

  • Le passage du temps : l'œil finit toujours par s’habituer. Ce qui nous déconcerte aujourd'hui finira par faire partie du décor.

  • L’ancrage émotionnel : un logo ne vaut pas tant par ses courbes mais plutôt par ce qu'il transporte. Ce sont les trophées soulevés, les matchs d'anthologie et les émotions partagées qui finissent par donner une "âme" à un design.



La nouveauté est presque systématiquement mal perçue car elle vient bousculer nos repères. Mais ce n’est pas la nouveauté en elle-même qui s’avère positive ou négative : c’est la manière dont on se l’approprie et les histoires que l’on construit autour.


De l'imposition à l'adhésion : la force de l'implication


Pour transformer le rejet initial en adhésion réelle, l'enjeu n'est pas de "vendre" une idée, mais de la faire adopter par ceux qui la font vivre :


  • Impliquer tôt : la résistance diminue quand on cesse de subir. Consulter les équipes dès la conception transforme les critiques en ambassadeurs.

  • Respecter l’héritage : une nouveauté n’a de sens que si elle s’inscrit dans une suite logique. Le changement doit être une évolution, pas une rupture hors-sol.

  • Prouver par l’action : comme un logo gagne son âme avec les trophées, une stratégie se crédibilise par ses premiers résultats concrets. L’émotion suit l’efficacité.

  • Laisser décanter : l’appropriation demande du temps. Un déploiement progressif permet aux nouveaux repères de s'installer sans brusquer.


En somme, le "sacrilège" d’aujourd’hui sera la nostalgie de demain, à condition d'avoir laissé chacun participer à l'écriture de ce nouveau chapitre.


Le logo de l'Olympique de Marseille est la propriété exclusive du club et est utilisé ici à des fins purement illustratives et informatives.

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